Bighorn Studio

Will You Hear Us est un documentaire sur la tradition des oiseaux en cage en Indonésie.  

En Indonésie, posséder un oiseau en cage est une tradition ancestrale. Cela est un signe de richesse et de réussite sociale, censé  apporter paix intérieure et bonne fortune à la famille qui le possède. Par conséquent des millions d’Indonésiens possèdent des oiseaux en cages.

 

Situation des populations d’oiseaux en Indonésie

 

Le ‘wildlife trade’, le trafic d'animaux, fait référence au commerce de produits d’origine animale pour des animaux non-domestiques, qu’il s’agisse des animaux eux-mêmes, vivants ou morts, ou de produits dérivés, comme la peau, les os, la viande, les cornes ou les défense. Bien que soumis à des lois, le trafic d’animaux est sujet à de nombreux dérivés: le trafic illégal est très répandu et serait le troisième marché illégal le plus lucratif du monde, après les armes et les drogues. Le trafic d’animaux entraîne des problèmes de conservation majeurs et a de sérieuses conséquences sur la vie sauvage à tel point que de nombreuses espèces animales sont maintenant en danger d’extinction. 
Les oiseaux ne sont pas épargnés par le trafic illégal.

L’Indonésie est l’un des pays les plus riches en biodiversité. Il fait partie des 17 pays à haute biodiversité. Cet archipel constitué de près de 17 000 îles détient la deuxième place à l’échelle mondiale du pays avec le plus de mammifères (515 espèces, ce qui correspond à 12% des espèces de mammifères terrestres), le plaçant juste après le Brésil. On y retrouve aussi 16% des espèces de reptiles du monde et 270 espèces d’amphibiens. Quant aux oiseaux, ce sont 17% des espèces du monde qui peuvent être observées en Indonésie avec 1592 espèces dont 419 endémiques ; plaçant le pays à la cinquième place mondiale. Autant dire que les oiseaux règnent en maître dans les forêts indonésiennes...ou en tous cas c’est ce que les statistiques laissent penser.

Toutefois, ces statistiques pourraient bien être amenées à être réévaluées prochainement. Parmi ces 1592 espèces, 132 sont menacées de disparition (classées dans trois catégories de la liste rouge de l'UICN 2017 : en danger critique d’extinction, en danger et vulnérables). Les facteurs sont multiples. La diminution des surfaces forestières, et donc de l’habitat des oiseaux, pour faire place aux plantations de palmiers à huile, par exemple, ou simplement aux zones habitables en croissance constante, mène à la diminution de la biodiversité aviaire. Un autre facteur est le braconnage excessif des oiseaux sauvages.

Les oiseaux capturés sont destinés à être vendus comme animaux de compagnie, cependant le nombre de captures illégales n’est plus durable. Une corrélation a pu être établie entre la diminution des populations d’oiseaux de certaines espèces et l’augmentation des ventes d’individus de cette même espèce sur les marchés d’oiseaux en Indonésie. Une étude de l’Université d’Oxford avançait en 2011 qu’environ un cinquième des ménages indonésiens localisés dans les six plus grosses villes du pays possédaient un oiseau en cage. Cela faisait plus de 3.5 millions d’oiseaux en captivité, et la population de l’Indonésie a continué à croître depuis lors, tout comme le nombre d’oiseaux en cage.

Chaque année, depuis plus d’une décennie, le statut de plusieurs espèces d’oiseaux doit être modifié et déplacé dans la Liste Rouge de l’UICN, la liste des espèces en danger. La Garrulaxe à front roux (Garrulax rufifrons), par exemple, est passée de Quasi menacé (Near Threatened) à En danger critique (Critically Endangered) en un rien de temps. « Le déséquilibre entre l'offre et la demande a fait décupler le prix du marché de cette espèce entre 2000 et 2012. Depuis qu'il a presque entièrement disparu du commerce », explique Andy Symes, Global Species Officer de BirdLife International. De même, le Martin de Java (Acridotheres javanicus) est passé de Préoccupation mineure (Least Concern) à Vulnérable (Vulnerable) en 2016 ; à présent il a largement disparu de l'ouest de Java. Pourtant, TRAFFIC en a trouvé plus de 2 000 à vendre dans les trois principaux marchés d'oiseaux de l'île.

Bien que le trafic d’oiseaux sauvages soit interdit en Indonésie, on constate que des captures d’oiseaux ont toujours lieux dans la nature, et qu’un marché illégal se développe en parallèle du marché d’oiseaux élevés en cages, légal, celui-là. Par conséquent les populations d’oiseaux en Indonésie se portent très mal: des espèces autrefois très courantes sont à présent difficilement observées; plusieurs ont été placées sur la liste des espèces en danger; d’autres espèces très prisées ne se trouvent plus qu’en quelques dizaines d’individus à l’état sauvage; et une espèce endémique de Bali a déjà dû être ré-introduite suite à sa disparition.

Le film 'Will You Hear Us' tente de faire la lumière sur le pourquoi et le comment de cette tradition, qui n’a plus rien de durable à cause de l’énorme pression imposée sur les populations d’oiseaux sauvages en Indonésie. En allant voir du côté des collectionneurs d’oiseaux, des braconniers, des vendeurs, d’une part, mais aussi en allant voir du côté des ONG et des personnes impliquées dans la protection animale et la conservation de l’environnement, afin d’offrir une vision complète de la problématique, tout en remettant en question l’éthique et la durabilité de cette tradition.

En parallèle, nous souhaitons illustrer l’enquête par plusieurs exemples d’espèces d’oiseaux que l’on retrouve en Indonésie et dont l’histoire appuiera le message du film. Il s’agira du Hill Myna (Gracula religiosa), dont la sous-espèce des îles à l’ouest de Sumatra – dit de Nias – est actuellement en danger critique d’extinction. Sa population est réduite à quelques individus à cause de la pression de capture. Il s’agira aussi du Bali Starling (Leucopsar rothschildi), endémique à l’île de Bali, dont la situation correspond à ce qui attend les autres espèces en danger si aucune mesure de conservation n’est prise immédiatement: sa population a été décimée par le trafic d’oiseaux, puis l’espèce a été ré-introduite à grands coûts. Sa population reste extrêmement fragile, peu nombreuse et très localisée.

 

Le film tentera, enfin, de proposer des alternatives crédibles pour enrayer les prélèvements d’oiseaux sauvages dans la nature et ainsi éviter le déclin des populations d’oiseaux en Indonésie.  

'Les oiseaux ont besoin de votre aide, Will You Hear Them?'

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behind the scenes

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white eye captured

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D-2

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last chance

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présentation_insta

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Présentation_Harry

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jalak bali

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editing

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caged bird cuckatoo

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caged birds 2

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BEOMedan

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test logo cage

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Behindthescenes

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Que faire pour enrayer la chute de la biodiversité en Asie du S-E?

Une tradition est une pratique culturelle transmise de génération en génération, un héritage immatériel, permettant de faire vivre le passé dans le présent et donner un sens de continuité aux individus. Chaque individu, chaque groupe suit des traditions différentes, qui varient selon leur famille, leur religion, leur race ou encore leur localisation géographique. Qu’on l’assimile à un usage ou une habitude, ce qui caractérise une tradition c’est le devoir de la transmettre et de l’enrichir.

 

D’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, les traditions diffèrent. Les traditions, les us, doctrines ou encore les coutumes ont toujours dicté les actions des peuples. L’Indonésie est fortement marquée par ses traditions, que ce soit par sa nourriture, sa musique, ses habits traditionnels, ses danses, ses sports...ou encore sa tradition de garder des oiseaux en cage.

 

En Indonésie cette tradition trouve ses racines sur l’île de Java. Pour un Javanais, on s’accomplit en tant qu’homme si l’on possède une femme, une maison, une dague, un cheval et un oiseau. Si l’acquisition d’un cheval n’est plus d’actualité que pour ceux qui travaillent la terre, garder un oiseau chez soi comme animal de compagnie est resté ancré dans la tradition. Et la tradition s’est propagée dans tout le pays. Tout un chacun, dans toute l’Indonésie, peut aujourd’hui s’offrir un oiseau au marché du coin pour lui tenir compagnie, à un prix tout à fait raisonnable.

 

Depuis quelques années, cette tradition séculaire subit un certain effet de mode : on ne possède plus un oiseau de compagnie uniquement pour apporter paix et prestige à sa famille ; certains possesseurs d’oiseau deviennent des collectionneurs. Plus un plumage est coloré, plus un chant est mélodieux, plus un oiseau a de valeur. Il semble que l’on en veuille toujours plus et l’augmentation de la population humaine n’arrange pas la demande croissante en oiseaux de compagnie.

 

Un autre aspect vient s’ajouter au tableau : les concours de chant d’oiseaux sont devenus une activité très rémunératrice, pratiqués et suivis par des milliers de personnes. Autour de ces concours s’organisent des paris qui permettent de faire tourner l’économie et aux gagnants d’empocher plusieurs centaines de dollars, jusqu’à 20 000 dollars américains dans le cas d’une compétition nationale. Le prix d’un oiseau gagnant des concours peut atteindre des sommes faramineuses avec pour conséquence un nombre en constante augmentation d’oiseaux vendus sur les marchés. Le secteur des oiseaux domestiques représente près de 50 million d’euros dans les trois plus grosses villes de Java.

 

Suite aux épisodes de Grippe aviaire l’importation d’oiseaux a été interdite. Il a fallu trouver une alternative pour remplacer les oiseaux qui provenaient de l’extérieur, avec pour conséquence de pousser les populations d’oiseaux indonésiennes dans leurs derniers retranchements. Cela a amorcé un tournant, faisant passer cette pratique de simple tradition à véritable engouement non durable. Et aujourd’hui, la pression est trop grande. La tradition menace sa propre pérennité par la surconsommation.  

 

Des centaines d’oiseaux sont vendus tous les jours dans chaque marché aux oiseaux, qui se comptent par centaines dans tout le pays : une étude de l’organisation Traffic annonçait en 2016 que 23 000 oiseaux de 240 espèces différentes avaient été vendus sur une durée de seulement trois jours et dans les trois marchés aux oiseaux principaux de Jakarta. Parmi ces oiseaux, 98% étaient issus d’Indonésie et prélevés illégalement dans la nature. Un cinquième était endémique à l’Indonésie, et 28 espèces étaient protégées.

 

La surconsommation d’oiseaux entraîne toutes sortes de dérives. Le taux de survie des oiseaux en cage est assez faible, soumis à beaucoup de stress, à de mauvaises conditions de détention, voir de la maltraitance, jusqu’à 30% des oiseaux capturés ne survivent pas aux premiers jours d’emprisonnement. On assiste à des abus relatifs au droit des animaux, tel que des conditions de détention amorale, de la maltraitance, ou encore des pratiques écœurantes comme des oiseaux teints en rose ou en vert flash. De même, la tradition de garder des oiseaux en cage s’est étendue à bien d’autres espèces qui n’ont pas raison d’y être dans le cadre des oiseaux chanteurs, comme des oiseaux de proie, des chauves-souris, des civettes, des reptiles ou encore des singes.

 

Les ONGs de conservation de l'environnement tirent la sonnette d’alarme. Alors pourquoi des mesures concrètes n’ont-elles pas encore été adoptées ? Il y a déjà certaines lois en place qui interdisent de capturer certaines espèces d’oiseaux dans la nature et d’en faire commerce, et imposent des quotas. Cependant il semblerait que ces quotas n’aient jamais été déterminés et ne sont apparemment pas vérifiés. Régler les problèmes liés à la biodiversité n’est pas une priorité puisqu’à priori leurs solutions ne génèrent aucun profit et que le commerce des oiseaux fait tourner l’économie. Il semblerait néanmoins que la tendance s’inverse ces derniers temps : avec l’attention dont le sujet fait l’objet, le gouvernement serait en train de renforcer les mesures prises à l’encontre des trafiquants d’oiseaux sauvages.

 

Une autre raison pour laquelle la situation met du temps à changer est certainement l’ignorance générale autour de cette problématique. Il est fort probable que le paysan qui arrondit ses fins de mois en capturant les oiseaux autour de chez lui et en les revendant pour quelques sous ne sait rien de l’impact à long terme qu’il a sur les populations d’oiseaux. De même qu’il est fort probable que l’Indonésien qui achète un oiseau d’une certaine espèce sur un marché ne sait pas comment se porte cette espèce à l’état sauvage.

 

La population humaine mondiale augmente exponentiellement depuis plusieurs décennies. Du temps de nos grands-parents, début 1900, nous étions moins de 2 milliards sur Terre, nous sommes à présent 7,5 milliards, et les modèles prédisent que nous serons 9 milliards en 2050.  Avec tant d’êtres humains sur Terre, les pratiques doivent évoluer et être envisagées de façon durable, au risque, dans le cas contraire, de voir la biodiversité s'effondrer encore plus autour de nous.

 

Se posent alors légitimement les questions suivantes : les traditions sont-elles intouchables par nature et par définition ? Ou bien osons-nous les remettre en question ? Les traditions doivent-elles évoluer avec leur temps ? Peuvent-elles être adaptées éthiquement et durablement ? Nous laisserons aux spectateurs la liberté de faire leurs choix. 



Quelques débuts de solutions:

Ce que le Gouvernement Indonésien peut mettre en place:

1. Pour commencer, les autorité ont un rôle important à jouer en ce qui concerne la régulation de cette tradition. Pour le moment, la loi indonésienne autorise le prélèvement en quantité maîtrisée de certaines espèces au moyen de quotas. Sans revenir sur la notion de ‘quotas’ en elle-même, il règne un flou autour de ces quotas. Certains n’ont même pas été fixés et il n’existe que très peu de vérifications de leurs respects. Les autorités doivent fixer ces quotas et s’assurer qu’ils soient respectés. Ils doivent mettre en place un système de surveillance sur les marchés aux oiseaux où ils sont vendus, comme sur internet, où un marché parallèle d’animaux se développe. 

 

2. Ensuite, si le désir du Gouvernement indonésien était de préserver cette tradition ainsi que ses bénéfices économiques, culturels et sociaux tout en réduisant ses impacts sur la Nature sur le long terme, peut-être pourrait-il mettre en place cette deuxième solution: en implémentant un système national de soutien financier et de certification pour l’aviculture. En effet, une des manière les plus douce pour modifier la courbe de perte de la biodiversité aviaire est de réduire la demande en oiseaux sauvages. Il faut réussir un changement de préférence de la part des amateurs d’oiseaux des oiseaux sauvages vers les oiseaux reproduits en captivité. Et cela pourrait être le cas si l’on parvenait à rendre l’aviculture moins chère que le braconnage et créer un désir artificiel pour les oiseaux “de culture”.
Cela nécessite la création d’un réseau important d’aviculteurs, des subsides financiers important pour ces derniers, des campagnes d’information destinée à convaincre les consommateurs et mettre en avant les retombées positives sur l’économie locale. En bref, le gouvernement doit mettre en place une aviculture commercial qui produit des oiseaux de meilleure qualité et moins chers, s’il veut que les forêts ne deviennent pas silencieuses.

  

Ce que tout-un-chacun peut faire:

 

3. Un des impact les plus important que vous puissiez avoir sur la conservation de la nature est via le type de tourisme que vous choisissez. Le meilleur moyen pour qu’un pays décide de préserver son capital naturel est s’il lui rapporte plus financièrement que ce qu’ils pourraient obtenir de lui en l’exploitant ou en le remplaçant.
Ce type de tourisme porte un nom: l’éco-tourisme.
Pratiquement, que vous soyez déjà naturaliste confirmé ou humble amateur, vous pouvez visiter les parcs nationaux proches des endroits que vous visitez, soutenir les petits commerces proches des hotspots naturels, passer une ou plusieurs nuit(s) dans un eco-lodge. En gros, vous devez faire vivre le tourisme lié à la protection de la nature, et cela où que vous soyez dans le monde. C’est une solution qui profite à tout le monde. L’éco-tourisme crée des jobs et ajoute de la valeur économique à une région tout en protégeant la nature. Et puis...des vacances dans la nature, honnêtement, ça fait un bien fou!

 

4. Ensuite, un autre moyen de protéger la nature à laquelle vous n’avez pas forcément accès, et de chez soi qui plus, est de participer au financement de projets mis en place par de grandes (ou petites) ONGs de protection de la nature, telles WWF, Birdlife International (Burung Indonesia pour l’Indonésie), etc. Pour la plupart d’entre elles, elles fonctionnent en majorité grâce aux dons de gens comme vous et moi. Pourquoi ne pas choisir de les aider et ainsi ajouter sa pierre à l’édifice de la conservation de la nature?

 

5. Enfin, pour terminer avec une solution encore plus simple et qui ne coûte rien (au contraire), il faut réaliser que ce que vous achetez a un impact écologique. Notre porte-feuille nous donne un pouvoir sur les produits qui ne respectent pas nos valeurs. Un pouvoir minime, certes, mais si tout le monde boycottait les produits nocifs pour l’environnement ou non-durables et faisaient chuter la demande, les sociétés responsables des pires affronts faits à la nature se verraient couper l’herbe sous le pied. Des produits tels que des insecticides de chez Bayer ou Monsanto, par exemple, ou encore  des produits qui contiennent de l’huile de palme, responsable de la majorité de la déforestation en Asie du Sud-Est, des produits sur-emballés de plastique inutilement, des vêtements produits dans des conditions sociales et environnementales déplorables en Asie, etc. Nos choix de vie et ce que nous faisons de notre argent doivent refléter nos valeurs, ou nous sommes dans le déni.

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Genèse du projet

Nous considérons notre espèce, Homo sapiens, comme une parmi tant d’autres sur cette belle planète que nous avons la chance d’habiter. Nous sommes activement impliqués dans la conservation de la nature et les droits des animaux. Au cours de nos différents voyages en Indonésie, nous avons appris à connaître les nombreuses traditions qui rendent ce vaste pays si merveilleusement riche et beau.

 

Cependant une tradition nous gênait: la tradition des oiseaux en cage. En la découvrant, nous sommes passés par une série d'émotions. Nous avons d'abord été ébahis par la diversité des oiseaux que nous pouvions observer. Ensuite, nous sommes passés par un stade de reconnaissance envers l'opportunité que nous avions de pouvoir regarder d’aussi près des espèces qui sont si rares et si difficiles à voir dans la nature. Puis nous avons été envahis par un sentiment de pitié et de tristesse pour le sort de ces êtres, qui normalement volent librement à travers les cieux, mais sont maintenant piégés dans de minuscules cages pour le reste de leur vie. Par la suite, un sentiment d'incompréhension est apparu pour la perpétuation d'une tradition devenue si destructrice.

 

C’est à ce moment que nous avons décidé que nous devions en savoir plus. Nous avons réfléchi ensemble et planifié quelques mois en Indonésie afin de mieux comprendre ce problème et de le documenter. Ce documentaire est le résultat de nos recherches.

Note d’intention de réalisation

Avoir des oiseaux chanteurs en cage en Indonésie est une tradition fortement ancrée depuis des générations. C’est signe d’un certain statut social et source de paix intérieure. C’est également un animal de compagnie potentiellement rémunérateur.

 

Mais qui sommes-nous pour juger une tradition? La question est légitime. Au Danemark, des centaines de baleines-pilotes sont tuées chaque année sous couvert de tradition. Au Kenya, le rite de passage à l’âge adulte des jeunes masaïs consiste à tuer un lion à l’aide d’une sagaie. En Espagne, la corrida continue de mettre fin à la vie de milliers de taureaux chaque année. Dans ce documentaire nous tâcherons de ne pas juger cette tradition mais d’en faire un portrait actuel et complet.

 

Cependant, les traditions sont parfois utilisées comme justificatif de pratiques non durables. Dans certains pays, comme la Chine, la médecine traditionnelle pousse les habitants à se fournir en produits d’origine animale pour curer leurs maux, jusqu’au point de mettre les espèces animales concernées en danger : les rhinocéros pour leurs cornes, les pangolins pour leurs écailles ou encore les requins pour leurs ailerons. Toutes ces espèces, parmi tant d’autres, sont maintenant en grand danger d’extinction à cause de traditions et de soi-disant traditions. Les membres de Bighorn Studio, réalisateurs du film Will You Hear Us, étant tous des naturalistes et adeptes de la conservation de l’environnement, pensent qu’une tradition qui devient non durable se doit d’être analysée et adaptée en fonction du contexte actuel. Ceci sera le message du film. Par ailleurs, le fond du film se voudra sensibilisateur.

 

Quant à la forme, nous présenterons au spectateur les choses telles que nous les découvrirons sur le terrain tout au long de notre enquête. Le projet de film a pour but de présenter les faits au public du monde entier, mais en particulier à la population Indonésienne, pour l’informer de ce qui se passe de la façon la plus objective et complète possible. En effet, l'ignorance et l’apathie des hommes est le plus grand danger qui menace la vie animale. Nous pensons qu’un documentaire moralisateur, dont le message serait “d’interdire une pratique destructrice”, ne serait pas constructif et n’aurait au final aucun impact positif. Nous souhaitons donc que le spectateur puisse se faire son propre avis sur la question et décider lui-même, en toute liberté, mais cette fois en connaissance de cause.

 

Nous présenterons les résultats de notre enquête en incluant les interviews des divers personnages : vendeurs d’oiseaux, possesseurs d’oiseaux souhaitant perpétuer cette tradition rémunératrice et les conservationnistes souhaitant nous mettre en garde sur l’impact de cette tradition. L’enquête mettra également en lumière quelques exemples spécifiques d'espèces d’oiseaux, en danger d’extinction ou non, pour illustrer la problématique. En outre, nous souhaitons explorer des questions fondamentales de conservation : par exemple, est-il justifiable de dépenser de telles quantités d'énergie, de temps et d'argent pour réintroduire une espèce éteinte dans la nature plutôt que d'investir cette énergie, temps et argent pour limiter le déclin d'une autre espèce menacée en prenant les mesures nécessaires, avant qu'il ne soit trop tard? Enfin, le but du film est aussi de proposer des alternatives durables et acceptables aux prélèvements d’oiseaux sauvages dans la nature.

 

Sachant l’impact qu’un film peut avoir, sachant que la pression d’une population peut être source de changement, notre désir est que le film soit en libre diffusion sur internet, accessible pour tous. Notre désir est que le film soit vu et compris par un maximum de personnes. Seule la pression des populations indonésiennes et internationales permettra d’enclencher une réaction de la part des décideurs pour que des mesures réelles soient prises.

 

Nous avons tous notre rôle à jouer dans ce monde, ce film est notre manière d’apporter notre pierre à l’édifice de la conservation de l’environnement. C’est pour cette raison, et aussi pour conserver une certaine liberté dans l’écriture et la réalisation du film, que nous nous désolidarisons des boîtes de production. Nous souhaitons financer ce projet au moyen de bourses et de financement participatif, et réunir toutes les aides que nous pourrons.

 

Forts de nos expériences respectives, nous partons quelques mois en Indonésie afin de réaliser ce documentaire qui nous tient à cœur.

Bighorn Studio